Mise en situation de contrôle anti-dopage

Afin d'appliquer à la communauté des kiteurs la politique de prévention antidopage décidée à la commission médicale de la Fédération Française de Vol Libre, nous avons profité de la finale des championnats de France free style pour réaliser une action de sensibilisation particulièrement forte en présence de parents pour les plus jeunes, de journalistes, de représentants des sponsors et de l'encadrement fédéral.

Pour cela nous avons profité de l'expérience réalisée par le Dr Hubert Bigot, médecin national du parapente, avec l'équipe nationale de voltige.
Nous avons adapté le questionnaire de pertinence du test et la notice explicative de l'expérimentation réalisée aux kiteurs, en ajoutant la possibilité de déclarer d'éventuels produits consommés.
Préalablement à la phase opérationnelle nous avions informé l'ensemble des concurrents lors d'un skipper meeting de la tenue prochaine d’un test antidopage comme pourraient le réaliser les représentants de la commission pour la lutte contre le dopage. Il était en revanche admis que ce test resterait totalement anonyme et ne donnerait lieu à aucune sanction.

La procédure

Nous avons profité de l'une des journées sans vent pour réaliser le test en deuxième partie de journée.
Deux types de tests ont été utilisés, 10 multi-tests permettant chacun la détection de 10 toxiques et 20 tests simples permettant la détection du THC, principe actif du cannabis.
Nous avons donc sélectionné 28 candidats parmi les inscrits et pris deux témoins parmi l'encadrement. Ces 30 personnes ont été convoquées sans qu'il s'agisse d'une obligation stricte.
Pour la phase opérationnelle et compte-tenu de la présence de mineurs, nous avons renforcé l'équipe fédérale avec un représentant des parents.

Un représentant fédéral a reçu chaque candidat qui avait accepté de se prêter à cette expérience. Il a remis le questionnaire de pertinence à remplir avec un pseudonyme noté sur un document confidentiel permettant d'établir la correspondance entre le pseudonyme et le nom réel.
Un second représentant fédéral accompagnait le candidat aux toilettes afin de prévenir une fraude au prélèvement.
L'échantillon urinaire était remis avec la feuille de questionnaire anonyme comportant le pseudonyme choisi. Chaque échantillon était ensuite testé, les résultats notés. Il convient de préciser que nous avons gardé l'ensemble des tests. Nous avons ensuite analysé les données, puis exposé les résultats avec l'interprétation du questionnaire.
Enfin nous avons reçu chaque candidat à titre individuel pour lui commenter son test et le lui remettre.

Les résultats

Les deux témoins ont été testés négatifs. Parmi la communauté des riders, toutes catégories d'âges confondus, seul du cannabis a été détecté. 41 % des riders testés sont positifs au cannabis. Sur ces 41 %, 63 % ont déclaré ne consommer aucun produit...
Lors de l'entretien individuel, à l'annonce des résultats, la moitié des positifs déclarants ne rien consommer sont revenus sur leurs déclarations.
Quant à la pertinence du test, un tiers des questionnaires condamne ces tests et ne leur reconnait aucune utilité. Ce sont exclusivement des riders positifs qui ont tenu le discours le plus condamnateur de la démarche.

En conclusion

Ces chiffres ont été communiqués très officiellement. Nous avons ensuite évoqué les sanctions qui auraient été prononcées par l'agence mondiale antidopage, deux ans de suspension, suppression des aides fédérales, impossibilité d'entraînement fédéraux et remise en cause des sponsors, amende en cas de price money.
Nous avons ensuite prévenu que la tolérance fédérale serait nulle après une période probatoire de six mois et confirmé l'impossibilité de poursuivre une activité de sportifs de haut niveau et de fumeurs de cannabis. Nous avons complété ce test plus vrai que nature en exposant à nouveau la raison pour laquelle le cannabis est considéré comme un produit dopant, cette information étant affichée sur les compétitions et ayant été expliquée lors d’un récent article que nous avons publié.
En conclusion il est inutile de tester un autre toxique que celui lié au cannabis, le THC. Par ailleurs il convient de poursuivre cette action préventive en publiant largement les résultats ainsi que les peines encourues.
Cette action a également eu le mérite de resserrer les liens entre la Fédération et la communauté des Riders de compétition y compris leurs parents ainsi qu’avec les représentants des sponsors.

François Duchesne de Lamotte, commission Médicale

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